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26 mars 2019

Les problèmes urinaires félins

Malgré les croyances populaires, il est rare que les chats développent des infections urinaires. La cystite féline, ou plus communément appelée le « syndrome des voies urinaires basses du félin » est plus souvent qu’autrement relié à une présence de cristaux urinaires ou d’un état d’inflammation causé par un stress émotionnel. En conséquence, un problème d’ordre urinaire chez le chat n’est pas simple à gérer et peut nécessiter des investigations diagnostiques précises.

Les ancêtres des félins sont issus de l’Égypte. Les fameux chats de Cléôpatre ! Ainsi, nos chers matous ont des reins hautement performants qui leurs permettent de concentrer leurs urines, car dans le désert, les sources d’eau ne sont pas si courantes. Le grand désavantage lié à ce fonctionnement rénal optimal est que le chat n’a pas envie de boire et demeure sujet à la déshydratation rapidement. Le corps, recherchant des sources d’hydratation diverses ira chercher le maximum d’eau à travers les urines. Minou se retrouvera donc à produire des volumes d’urine dérisoires et à uriner peu souvent. Conséquence? Notre minou entretiendra de grands volumes de « sédiments » (cellules, cristaux) dans ses urines et permettra à ces substances de s’agglomérer ou se regrouper pour faire des amas plus importants garants de problèmes ultérieurs.

D’une manière générale, le portrait type du chat susceptible de problèmes urinaires est : un mâle, d’âge moyen, sédentaire et qui vit dans la maison, en surpoids et qui mange une formule alimentaire de grandes surfaces.

Malheureusement, à travers tous ces facteurs de risque, certains sont impossibles à modifier (genre, âge). Discutons donc de ceux qui se maîtrisent par nos actions; l’état de chair, le mode de vie et le choix de la diète.
Si votre environnement est sécuritaire et vous permet de laisser sortir votre chat dehors, c’est souhaitable. Il pourra jouer, éviter de gagner un surpoids et sera plus musclé. Il se tiendra à l’abri de nombreuses maladies induites par l’obésité ou la sédentarité. Le discours est délicat, mais il pourrait également être plus heureux et moins sujet au stress et à la dépression. En laissant sortir votre chat, vous lui offrez un mode de vie qui répond davantage à son instinct de base.
Le type de diète que l’on donne à son chat a aussi un impact majeur sur le risque de développer ou non un problème urinaire. Plusieurs nourritures commerciales et certains types de « régimes maison débalancés » ne répondent pas aux normes préventives que vous retrouverez dans une formule de haute qualité. Ainsi, la gestion du pH, le degré de sédimentation et précipitations des particules, la densité urinaire ne seront pas contrôlés et pourraient éventuellement créer un blocage urinaire ou des cristaux /pierres dans la vessie ou les reins de votre chat.
Uriner du sang, ressentir une gêne lors de la miction, manifester de la malpropreté et de l’incontinence, devenir agressif ou vocaliser sont autant de signes anormaux pouvant correspondre à un inconfort urinaire. Surtout, il est important de ne pas les sous-estimer et de faire évaluer votre animal dès que possible.

Dre Valérie Desjardins, m.v.
Hôpital vétérinaire Prévost