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2 février 2019

Mon chien boite…Et si c’était autre chose que de l’arthrose?

Vous regardez Fido se lever après sa sieste : depuis un certain temps il semble légèrement boiter d’une patte arrière… Il pose encore du poids au sol, mais il se protège. Il va tout de même bien, il mange, il joue…Vous vous dites qu’inévitablement à 8 ans, Fido doit commencer à faire un peu d’arthrose. Rien de bien grave, c’est une finalité que bien des chiens de grandes races subissent à cet âge. Vous vous souvenez alors que cet après midi il a passé beaucoup de temps à courir dans la neige…. Il doit s’être blessé en concluez-vous. Un peu de repos, quelques jours sans promenade et tout sera réglé. Pas nécessaire de consulter le vétérinaire. Vraiment? En êtes-vous certain? 

Les boiteries sont un motif fréquent de consultation. Nos animaux domestiques mettent souvent leur corps à l’épreuve et il est vrai que régulièrement, nous diagnostiquons un grand nombre de boiteries d’origine traumatique. Les boiteries de dégénérescence sont aussi fréquentes, mais il est important de rester vigilant aux autres causes plus rares qui peuvent être malgré tout assez graves : les cancers osseux. 

L ostéosarcome est la tumeur osseuse la plus fréquemment rencontrée en médecine vétérinaire (85% de toutes les tumeurs osseuses). C’est une tumeur agressive qui adore les os longs des pattes, mais qui peut aussi se présenter au crâne par exemple. L’âge moyen d’apparition est entre 7 et 9 ans, toutefois elle peut se manifester aussi tôt que 18 mois! Les chiens de grandes races ou géantes sont souvent les victimes de ce cancer. Une prédisposition génétique semble probante, mais d’autres facteurs tels qu’un ancien trauma ou fracture osseuse, une stérilisation précoce ou la pose d’implants chirurgicaux peuvent aussi augmenter le risque d’apparition future. 

Le diagnostic se fait en premier lieu par radiographie. Toutefois, il est important d’exclure la présence d’une infection osseuse agressive (ostéomyélite) qui peut se confondre à ce cancer à la radiographie. Une prise de sang et une biopsie osseuse peuvent alors permettre de clarifier le diagnostic. 

Il est impératif d’agir rapidement lorsque le diagnostic tombe. C’est un cancer qui a le potentiel de se répandre par le sang et de métastaser dans l’arbre pulmonaire. Des mesures radicales et rapides sont essentielles pour maîtriser et circonscrire ce fléau. Diverses modalités thérapeutiques sont possibles et c’est selon le portait du patient que le vétérinaire et le propriétaire choisiront le plan idéal. Quoi qu’il en soit, la gestion de la douleur est impérative pour tous ces patients. Et peu importe le plan choisi, votre animal pourra être confortable. 

Alors, aussi facile soit-il de tirer des conclusions hypothétiques a la lumière d’un seul symptôme banal, aussi vigilant devriez-vous être en ce qui a trait à la santé de votre animal. 
Car on ne sait jamais où se cachera le zèbre dans le groupe de chevaux….

Dre Valerie Desjardins, m.v.