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10 avril 2018

L’ère de la protéine animale tend elle à s’éteindre?

Les nouvelles tendances de productions alimentaires se veulent plus respectueuses de l’environnement et plus durables. La protéine animale est le nutriment le plus dispendieux autant sur le plan écologique qu’économique à produire. Les prévisions futuristes nous dictent que la surpopulation humaine et animale sera à un pic jamais inégalé d’ici 2050. Alors, quelles options éco durables devrons-nous mettre de l’avant afin de nourrir tous ces gens et ces animaux? Certains affirment que la réponse qui coule de source se trouve à travers un régime à base de protéines d’insectes…

Les insectes sont une source de protéines presque inépuisable qui se cultive aisément et qui possède une empreinte écologique moins lourde que les animaux. En tant que mammifère, il nous est impossible de se passer des protéines, elles sont essentielles à notre survie. Grâce à elles, nous accédons à des acides aminés essentiels impossibles à synthétiser par nous-mêmes. De plus, les acides aminés jouent des rôles clefs dans diverses fonctions physiologiques de base : digestion, reproduction, maintien du rythme cardiaque et réponse immunitaire pour ne nommer que celles-là.

La littérature scientifique est encore limitée en ce qui concerne les études de régimes à base de protéines d’insectes. Mais sur ce lot, quelques une démontrent in vitro que la digestibilité d’un régime à base d’insectes est d’environ 85% chez le chat et le chien, ce qui est comparable au poulet et au poisson. N’oublions pas que les chats (carnivore pur) allant à l’extérieur ont un vif intérêt à dévorer des sauterelles, des fourmis et papillon. Entre 6 à 10% des sources protéiques des chats d’extérieur actuellement sont associées aux insectes.

Les nouvelles productions éco durables solliciteront davantage l’utilisation des insectes dans la mise en marché des diètes commerciales pour animaux. L’Europe a déjà commencé à exploiter ce créneau. L’Amérique du Nord suit aussi ce courant. Il existe à ce jour une compagnie qui offre déjà des gâteries à base de poudre de grillons pour les animaux. Rapidement, nous verrons l’arrivée sur le marché de nouveaux produits similaires.

Qu’est ce qui cela impliquera pour nous? Si les coûts de production sont moindres, le coût de ces diètes sera possiblement plus accessible. De plus, comme la digestibilité semble excellente, la protéine d’insecte est une source nourrissante et complète en soi. Les animaux allergiques ou intolérants aux protéines animales verront alors une nouvelle option alimentaire sécuritaire et balancée pour eux. Et pour le marché animal, disons que les possibilités sont infinies, puisqu’ils sont beaucoup moins « dédaigneux » que nous vis-à-vis cela.

L’ère de la protéine animale n’est peut-être pas complètement révolue, toutefois nous devons rester ouverts à de nouvelles sources protéiques qui s’avèreront plus écologiques pour notre planète, tout en étant nutritives et complètes pour nos animaux.

Dre Valérie Desjardins, m.v.